Grégorio des Abruzzes

Séjour dans les Abruzzes à Villeta-Barrea 11-18 Septembre 2016
Une arrivée festive : Dimanche 11 au soir : présentation de nos 2 guides, Marc Linares et Daniel Madeleine, des 9 participants, et de 6 proches, famille ou amis de nos guides, autour d’une table chaleureuse à l’Hôtel Degli Olmi. Les discussions sur la protection de la nature et de la faune sauvage démarrent très vite et très fort autour d’une bonne bouteille apportée par Marc.
Richesse d’une journée : Vendredi 16 : La journée commence par l’affût sur la plaine d’Opi vers 7h30, fructueux à cette heure matinale avant l’arrivée des chiens bergers dans les pâturages. Nous retrouvons nos 2 troupeaux de sangliers observés la veille, l’un de 10 adultes et 4 marcassins au S de la plaine, l’autre de 10 adultes et 9 marcassins au N. Mais, nous avons surtout la chance d’observer exactement dans le secteur où a disparu le plus gros troupeau de sangliers, 3 jeunes loups d’un peu plus d’an en train de prendre une leçon d’exploration du territoire encadrés par 2 loups adultes. Le sérieux et l’attention de ces 3 élèves donnent à rêver à certains d’entre nous, confrontés à des situations pédagogiques moins simples à gérer ! Nous imaginions une leçon de chasse au marcassin, mais la réapparition de la troupe de sangliers au grand complet après la disparition des loups, a démenti cette hypothèse. Nous avons RDV à 11h30, chez Gregorio, propriétaire d’une belle exploitation agricole familiale, située à la limite l’E du Parc, entre le Passo Godi et le Monte Godi, vers 1550 m d’altitude. Sa ferme est essentiellement vouée à l’élevage ovin laitier (1500 têtes), mais pas seulement, 40 vaches, 200 volailles, des chèvres et 50 chiens bergers des Abruzzes. Les produits sont transformés à la ferme qui proposent à la vente 40 variétés de fromages de brebis, vache ou chèvre ou mixte, du frais à l’affiné, ainsi que de la charcuterie ovine et de la viande fraîche. 25 personnes vivent de l’exploitation, outre la famille de Grégorio, des bergers salariés venus de l’étranger. Grégorio déplore le manque de formation de berger en Italie, qui l’oblige à recruter à l’étranger. Ses employés restent de nombreuses années à son service. Certains sont là depuis 5 et même 14 ans. L’été les bergers vivent dans les cabanes d’estive, que Grégrio a équipées de panneaux solaires, mais il n’est pas autorisé par le Parc à y effectuer des travaux lourds d’équipement sanitaire. Les bergers ont 2 jours de repos qui leur permettent de quitter l’estive, tous les 10 jours. Pendant leur journée de travail, ils effectuent la trait des brebis à l’estive 2 fois par jour, et celle des vaches une fois. Les brebis sont enfermées la nuit au cœur d’un double enclos, les chiens patrouillent dans le vaste enclos extérieur dont le haut de la haute clôture est bordée de fil électrique. Grégorion ne déplore aucune attaque de nuit et aucune perte de brebis. Malheureusement, les chiens bergers qui surveillent les brebis en liberté le jour, sont victimes entre autre des attaques des loups, jusqu’à 10 chiens sur 50 tués, certaines années, « les plus courageux » dit Grégorio. Il n’y a aucune attaque d’ours contre les enclos bergeries, car les ours sont effrayés par la vue du double grillage qu’ils assimilent à une cage. La protection des troupeaux contre loups et ours, telle que la pratiquent Gregorio et les autres éleveurs ovins du Parc s’avère efficace et payante, d’autant que le bénéfice de l’élevage et des produits dérivés laitiers, viande et laine est couplé avec les bénéfices du tourisme. Françoise enregistre l’entretien tandis que Sophie officie comme traductrice assurant toutes les questions des participants et réponses de Grégorio. Le repas de midi est un festin des produits de la ferme. La fin de l’après-midi nous retrouve à l’affût à Opi, où nous vérifions qu’aucun des marcassins des 2 troupeaux de sangliers ne s’est fait prédaté par les loups. Un héron profite de l’humidité imprégnant la prairie après la pluie pour chasser des lombrics gigantesques et sans doute quelques grenouilles.
Des émotions partagées : Ce dernier soir, à l’heure du dernier apéro et du dernier repas, nous avons du mal à envisager la séparation après ces jours d’émotions partagées à observer vivre les animaux dans leur milieu naturel, qui n’hésitent pas s’inviter au milieu de l’habitat humain. Nous souhaitons tous voir un jour
une coexistence aussi pacifique entre ours, loups et hommes se développer aussi en France. Rêves et soupirs devant le triste écho que la presse de notre pays se plaît à entretenir dans l’opinion publique française ! Nous sommes tous prêts à faire notre possible pour donner corps à ce rêve et espérons nous retrouver à l’occasion d’autres séjours ou actions.

Auteur de l article marc